On ne peut pas dire si la psychologie est une science un ensemble de sciences.
Elle est à la fois la plus ancienne et la plus récente des sciences qui explorent l'homme. Dans toutes les sociétés, les hommes se sont interrogés sur eux-mêmes à partir d'observations :

- comparaison veille-sommeil : où va l'esprit durant le sommeil ?

- comparaison corps vivant-cadavre : où s'en va l'âme, est-ce qu'elle disparaît ?

- questionnement sur le rêve : est-ce une perception de la réalité ? Une vision du futur ?

Ce sont des questions qui préoccupent les hommes depuis la préhistoire.

Des recherches se sont développées depuis l'Antiquité, au Moyen-Age, à la Renaissance, dans le cadre de la philosophie. La psychologie, appelée à l'époque antique « étude de l'âme humaine », s'étudiait comme une branche de la philosophie.

Les médecins aussi, depuis l'antiquité, s'intéressent aux troubles du psychisme (mélancolie, hystérie, idiotie…). Cette branche de la médecine est appelée « médecine de l'aliénation mentale » au Moyen-Age.

Le mot « psychologie » apparaît au XVIème siècle, inventé par Melanchton en 1588. Le terme n'a pas de succès tout de suite, on continue à parler de « l'étude de l'âme humaine », car la psychologie n'a pas encore de réel statut de discipline à part entière.

Au début du XIXème siècle, le souci de définir un domaine à part entière pour étudier l'âme humaine se fait ressentir : on crée la psychologie et les « psychologistes ». Les psychologistes ne sont cependant pas des spécialistes, mais juste des philosophes qui s'intéressent particulièrement au phénomène du psychisme.

Comment définir la psychologie ?

Définition du Robert :

« La psychologie est l'étude scientifique des phénomènes de l'esprit, de la pensée, de la vie mentale, au sens la plus large de ces termes, phénomènes caractéristiques de certains êtres vivants (animaux supérieurs, homme) chez qui il existe une certaine connaissance de leur propre existence. »

Cette définition peut être critiquée : beaucoup de chercheurs en psychologie veulent supprimer les mots esprit, pensée, vie mentale d'une définition de la psychologie, car ce ne sont pas des choses « étudiables ». On ne peut étudier que le comportement (stimulus > réponse). La seule définition savante du mot psychologie est donc : « étude scientifique des comportements humains ».

 

Exploration de quelques domaines

La psychiatrie

Du grec psyché, l'âme ou l'esprit et iatros, le médecin. Branche de la médecine qui étudie les désordres de la vie psychique. Le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie. La psychiatrie est une discipline double : d'une part, c'est une discipline de recherche et d'investigation, et d'autre part une discipline d'intervention, de diagnostic, de thérapie.

Dans l'Antiquité, la psychiatrie est appelée « médecine de la folie ». Jusqu'au XIXème siècle, les médecins ne se spécialisaient pas, ils avaient seulement plus ou moins d'intérêt et de connaissances empiriques sur telle ou telle branche de la médecine. La psychiatrie, la neurologie, l'ophtalmologie,… deviennent au XIXème siècle des spécialisations étudiées en facultés de médecine par des médecins généralistes.

L'essentiel de la formation du psychiatre étant une formation médicale, il considère les troubles du psychisme comme des troubles médicaux. Il peut prescrire des médicaments psychotropes (psychopharmacologie) dans le but d'atténuer voire d'effacer des troubles.

Il peut faire appel à la psychochirurgie (lobotomie frontale : couper quelques liaisons nerveuses dans le but de réduire l'agressivité du patient). Le patient perd une partie de son autonomie. Cette méthode controversée fut surtout utilisée jusqu'au XVIIIème siècle.

Dans les années 1940-50, les psychiatres ont fait beaucoup appel aux électrochocs pour des patients mélancoliques, suicidaires.

Les psychiatres font néanmoins surtout appel au dialogue avec le patient.

 

La psychopathologie

Du grec psyché, l'âme ou l'esprit, pathos, la maladie, la souffrance et logos, le traité, la science. La psychopathologie est une discipline de pure investigation qui regroupe psychologues, psychiatres…

Les maladies mentales sont regroupées en deux grandes catégories :

- Les psychoses : ce sont les dysfonctionnement les plus sévères du psychisme, appelés populairement « la folie ». Le sujet crée son propre univers, se coupe de la réalité.

- Les névroses : Le sujet est en conflit avec la réalité mais n'a pas coupé les ponts avec le réel (exemples : hystérie, névrose obsessionnelle, névrose d'angoisse).

Selon Jaspers, au XIXème siècle, il y a deux types de psychopathologies :

- La psychopathologie explicative (modèle médical classique), qui consiste à trouver des causes aux maladies ;

- La psychopathologie compréhensive, qui consiste à ne pas chercher les causes de la maladie mais à la comprendre, en admettant que la maladie est due à beaucoup de facteurs comme l'histoire du sujet et les événements qui lui sont survenus (Freud, pluralité multifactorielle).

La psychothérapie

 

La psychothérapie n'est pas une discipline de recherche, mais une discipline de pure intervention. Elle remonte à la préhistoire : les hommes ont toujours cherché à soigner la souffrance émotionnelle par le chant, la musique, les incantations, les pratiques magiques…

La psychothérapie n'est pas une profession et ne requiert pas de titre universitaire, ce qui favorise l'existence de praticiens non reconnus (charlatans, gourous de sectes, magnétiseurs…). En France, le titre de psychothérapeute devient réglementé et ne sera bientôt plus accessible qu'à des médecins ou psychologues.

Au Moyen-Age et dans l'Antiquité, des mages, médecins ou exorcistes ont exercé la psychothérapie pour soigner les souffrance des individus.

Deux types de psychothérapies :

- La psychothérapie directive où le thérapeute se considère comme le maître, guide ou indicateur du sujet (il indique la bonne voie au patient qui n'est pas en mesure, pour le moment, selon lui, de diriger sa vie, de faire des choix). La théorie adoptée stipule que les troubles psychiques du sujet proviennent d'un mauvais apprentissage, donc il faut le guider sur la « bonne voie » pour réapprendre.

- La psychothérapie non-directive, dans laquelle le thérapeute n'est pas un guide, et où l'on considère que la guérison consiste à réussir à prendre des décisions de manière autonome. Le thérapeute accompagne, suit le patient en discutant avec lui. Il ne lui montre pas de voie à emprunter. Il ne prend pas position sur les actions du patient. « On n'apprend pas à être libre en étant dirigé. »

Selon Sigmund Freud, le thérapeute ne doit pas adopter d'attitude d'interférence, de prise de position, mais une « neutralité bienveillante » caractérisée par une écoute attentive. Aucun jugement, positif ou négatif, mais pas une froideur distante non plus.

Les objectifs du thérapeute

Il existe, par rapport à leur objectif, deux types de thérapies.

- La thérapie perfectionniste, qui consiste à chercher la perfection du patient, en considérant qu'il a un potentiel (créativité, spontanéité) qu'il n'utilise pas et qu'il faut réveiller. L'objectif ici est de libérer totalement le sujet, pour qu'il se connaisse lui-même.
- La thérapie mélioriste, elle, se donne un objectif plus limité, moins utopiste. Le thérapeute aide le patient à se réconcilier avec son passé, ses erreurs, avec lui-même. « Faire ce que nous possédons, nous accepter comme nous sommes » (psychanalyse).

En quoi consiste la psychothérapie ?

Le psychothérapeute n'apprend pas sa méthode de travail, alors que le psychanalyste est obligé de passer par une psychanalyse pour pouvoir exercer. Les méthodes psychothérapeutiques sont diverses et variées.

Grâce à la psychothérapie, le patient apprend à dominer ses peurs, reprendre le goût de la vie, ressortir ses tendances refoulées…

Le sujet ne doit pas seulement, à travers la psychothérapie, apprendre à s'adapter au monde qui l'entoure, mais aussi garder une certaine distance critique, ne pas devenir conformiste.

Quels sont les critères d'une thérapie réussie ?

- Selon les comportementalistes (béhavioristes), la réussite est la disparition du symptôme.

- Selon la psychanalyse, le symptôme ne disparaît pas mais se transforme. La réussite consiste alors à arriver à établir des relations sociales et à s'intéresser au monde du travail (Freud : « aimer et travailler », Adler : « guérir le complexe d'infériorité »).

 

La psychologie clinique

 

Du mot klinikos, celui qui visite les malades au lit. Lightner Witmer (USA) utilise ce mot pour la première fois en 1896. Il s'intéresse aux problèmes des enfants qui ont des difficultés en classe dues à des problèmes familiaux ou au sein de la classe. On ouvre dans les écoles des cliniques psychologiques.

Par la suite, on forme des psychologues pour faire passer des tests et évaluer la personnalité des soldats blessés en 1914-18. C'est la première fois que des psychologues exercent dans un autre domaine que l'enseignement ou la recherche. Un cursus complet de formation de psychologues sera mis en place.

Définition : « La psychologie clinique est une discipline psychologique ayant pour but la connaissance approfondie des cas individuels. »

La psychologie clinique n'étudie donc pas une société, un groupe, mais un cas individuel. La psychologie clinique peut donc être qualifiée de science idiographique (descriptive des cas individuels) et non nomothétique (exploration de généralités, catégories, pour définir des lois). Elle étudie l'homme dans ses pathologies, sa personnalité, sa singularité biographique (son histoire, son itinéraire).

Daniel Lagache définit trois formes de psychologies :

- La relation JE/MOI-MEME : j'explore ma propre vie, j'essaye de me comprendre. Cette psychologie est qualifiée « en première personne ».
- La relation JE/TU : je dialogue avec l'autre. Cette psychologie « en deuxième personne » est la psychologie clinique.
- La relation JE/IL : psychologie expérimentale, « en troisième personne », qui consiste en l'observation du comportement du sujet, sans relation interpersonnelle.

Objectif du psychologue clinicien :

Il étudie une maladie dans ses composantes émotionnelles (représentations du sujet).

  

La psychanalyse

 

La psychanalyse est une psychothérapie qui existe depuis le début du XXème siècle, reposant sur une méthode et une psychologie fondée par Sigmund Freud. Elle consiste en particulier à explorer des tendances inconscientes du sujet.

En 1977, le 30ème congrès de la psychanalyse s'est déroulé à Jérusalem, et l'on y a établi une définition valable pour tous les psychanalystes (même si controversée) : « La psychanalyse se rapporte à une théorie de la structure et du fonctionnement de la personnalité, à l'application de cette théorie dans d'autres domaines de la connaissance, et à une technique psychothérapeutique spécifique. Cet ensemble de connaissance repose sur la théorie établie par Sigmund Freud. »

Ainsi, la psychanalyse se rapporte à une théorie fondée sur l'inconscient, et à des applications en histoire, en littérature… Elle est aussi une pratique de traitements visant à mieux se connaître soi-même.

La médecine psychosomatique

Du grec somatos, le corps. Cette médecine envisage les relations entre les conflits psychologiques et les affections somatiques. Par exemple, une personne stressée et sur laquelle reposent beaucoup de responsabilités risque de souffrir d'un ulcère à l'estomac. Cette personne transpose son stress sur son corps au lieu d'en parler, d'extérioriser.

On croit en une traduction des affects en symptômes cliniques : c'est le langage du corps. La médecine psychosomatique se rattache à la psychanalyse, mais elle reste une discipline médicale.