C'est en Grèce que, pour la première fois, on trouve un effort systématique pour classer, observer, définir, traiter les maladies de l'esprit humain.
c'est en Grèce (et en Egypte) que sont nées l'anatomie (connaissance des organes), la physiologie (connaissance des mécanismes comme la respiration, la digestion), la botanique (recherche de plantes thérapeutiques en vue de trouver des médicament spécifiques pour chaque maladie). On voit apparaître en Grèce une nosographie, tableau récapitulatif des différentes maladies de l'esprit. La société grecque a profondément marqué notre connaissance dans la médecine.
Pourtant, la médecine grecque scientifique cherche aussi les voies de la guérison à travers la magie, la religion. Il existe des sanctuaires de guérison, temples dédiés à l'une ou l'autre divinité. Les sanctuaires sont des lieux de pèlerinage, et le coût du voyage est souvent onéreux. On y procède à des sacrifices, processions, dons, confessions, dons le but de guérir. La confession donne un aspect verbal très important à ces sanctuaires.
Dans d'autres cas, on fait dormir le malade dans le sanctuaire ("rêve d'incubation") et il se réveille souvent guéri. Ce sont des thérapies oraculaires.
Freud a écrit un article an 1890 nommé "traitement psychique" où il décrit une "attente croyante" chez les grecs : la guérison s'explique par une synthèse d'attente et de croyance en la guérison.
Chez les grecs, le malade a l'impression de payer sa dette envers les dieux en pélerinant, ce qui renforce ses convictions.
Charcot, maître de Freud, écrit un article nommé "la foi qui guérit", où il s'interroge sur la guérison des maladies psychiques, à l'aide d'études de textes de l'époque grecque. Il définit plusieurs notions : chez un patient qui a une paralysie d'origine psychique, un pèlerinage peut lui rendre l'usage de ses jambes grâce à un bouleversement psychique. La thérapie du pèlerinage ne fonctionne cependant que pour des troubles d'origine psychique et si le malade est suffisamment convaincu que le pèlerinage va le guérir ("idée fixe").
Bernheim (XIXème siècle) pose une autre hypothèse, selon laquelle le prêtre guérit vraiment le malade (pas de fausse guérison) par la suggestion. La maladie mentale n'a pas de rapport avec l'hystérie. La suggestion est IDEO-DYNAMIQUE : la croyance du sujet se transforme en acte grâce au pouvoir dynamique de l'idée. Exemple : un sujet hypnotisé se met à transpirer si on lui dit qu'il fait très chaud.

A partir du 5ème siècle avant JC, la médecine officielle grecque est constituée de deux écoles rivales.

> L'école de CNIDE
Cette école est convaincue qu'il faut, pour soigner une maladie, d'abord avoir une théorie sur cette maladie. On considère toute maladie comme conséquence d'une lésion (théorie lésionnelle de la maladie). Cette théorie est aussi appliquée à la folie. Un traitement spécifique est appliqué à chaque maladie, le même traitement quel que soit le patient.

> Cette vision dogmatique est contestée par Hippocrate, fondateur de l'école de COS. Technique : observation du patient, relation malade- thérapeute. La primauté est donnée à l'observationnelsur la théorie.

CNIDE : SOLIDISME (l'organisme est constitué de parties solides) la maladie est due à une lésion d'une partie solide de l'organisme.

COS : HUMORALISME (humeurs = liquides) Théorie de la santé d'Hippocrate :
               Crase = état où les humeurs sont en équilibre dans l'organisme. Bonne santé.
               Discrase = déséquilibre des humeurs, maladie (excès, défaut ou déplacement d'un liquide).
Le système hippocratique s'applique aux maladies mentales comme aux maladies somatiques.
Tempéraments : Selon Hippocrate, les types de personnalités humaines proviennent des mélanges des liquides.

Le sujet vient au monde avec une prédominance d'une humeur particulière. Tant quel'équilibre est maintenu, il est en état de santé. Le rôle du médecin est de prescrire une vie de sagesse, et non pas des médicaments. Il doit faire en sorte que le patient mène une vie équilbrée : ni paresse, ni hyperactivité. Il doit orienter le patient vers l'équilibre. Sagesse dans la nourriture : jouir des plaisirs de la table sans excès ni défaut.
Cependant, Hippocrate reste prisonnier de la théorie utérine de l'hytérie (voir chapitre "Sources du savoir clinique et de la psychothérapie").
Hippocrate utilise une pharmacopée empirique : l'expérience seule sert dans la prescription de médicaments.
Hippocrate est aussi le premier à prescrire l'hydrothérapie (bains thermaux) : les bains peuvent servir à réchauffer ou refroidir les humeurs.
Il conseille la gymnastique, l'effort physique en général, sains pour le corps et l'esprit (un esprit sain dans un corps sain).
Il approuve la diététique : le médecin propose un certain régime à chaque patient, selon les proportions de ses 4 humeurs.