FONDATION DES UNIVERSITÉS EN EUROPE AU MOYEN-ÂGE

Les universités ont été les premières institutions dont le but était la transmission globale des savoirs. Elles apparaissent à Salamanque, en Espagne, en France, en Angleterre puis se répandent partout dans le monde.
Les savoirs sont regroupés en quatre facultés : médecine, philosophie, théologie, droit.

Facultés de médecine : étude de la folie selon le système d'Hippocrate (voir "Guérison des maladies de l'esprit dans la médecine grecque") et de Galien (théorie des quatre humeurs).
Les facultés de médecine forment des praticiens nommés docteurs en médecine (titre attribué par le roi ou le pape). On y enseigne des savoirs qui remontent à avant l'ère chrétienne : les troubles du psychisme vus par Hippocrate puis par Galien.

Facultés de philosophie et de théologie : étude de la folie selon la théorie des passions d'Aristote (voir "Construction du savoir théorique sur le psychisme (Aristote, 384-322 av JC)") et selon la théorie de Thomas d'Aquin.
La faculté de philosophie s'intéresse aux troubles de l'esprit dans le cadre de l'enseignement de la théorie des passions de l'âme d'Aristote. On s'intéresse ensuite à une nouvelle vision des troubles psychiques, celle de Thomas d'Aquin :
> La folie est parfois naturelle, fruit d'un obstacle dans l'organisme, donc relève de la médecine.
> La folie est d'autres fois morale, lorsque le sujet se laisse entraîner dans les passions.

LOCALISATION DES FONCTIONS CÉRÉBRALES

Au Moyen-âge,
plus personne ne croit que les fonctions psychiques résident dans le coeur, mais on n'ose pas affirmer que le point de vue d'Aristote était faux. Cependant, les savants bâtissent des théories affirmant que le cerveau est le sièges des émotions, des sensations, de l'intelligence, de la mémoire, de la motricité...
Selon Arnaud de Villeneuve : les maladies mentales dépendent d'inflammations du cerveau. Si tel est le cas, le cerveau est bien siège du psychisme.
Exemples :
MANIE : Délire joyeux, mégalomane, exaltation de l'imagination. Aurait lieu quand la "cellule antérieure du cerveau" est inflammée.
MÉLANCOLIE : Délire où le sujet est dégoûté de la vie, de lui-même... Aurait lieu lorsque la "cellule moyenne du cerveau" est perturbée, envahie par la bile noire.
Selon Arnaud de Villeneuve, le cerveau ne fonctionne pas comme une masse homogène, mais comme une association de différentes fonctions.
Les théories qui considèrent les troubles psychiques comme troubles du cerveau sont des théories organicistes ou somatistes.
Les maladies psychiques viennent de :
> Excès ou défaut dans le comportement alimentaire (Aristote) ;
> Air non renouvelé : suspension de particules nocives
;
> Manque de sommeil ;
> La colère est un mécanisme  qui conduit de façon dangereuse aux formes les plus extrêmes de la folie ;
> Souci des études : étudiants obsédés par leurs études et qui négligent le reste ;
> Événements biographiques (perte de la fortune personnelle, mariage, divorce, suicide d'un proche...) : changement des conditions d'existence.
> Influence des astres.

NAISSANCE DES ASILES PSYCHIATRIQUES

Le monde antique n'avait aucune institution pour les malades. Les premiers hôpitaux voient le jour en occident et ont un rôle protecteur (et non de soins), d'hébergement, d'habillement. Les soins sont limités, les plus riches se font soigner à domicile.
Les malades mentaux étaient expulsés des villes, abandonnés à eux-mêmes, déportés ("la nef des fous"), agressés, dépouillés... Ils avaient des conditions de vie impitoyables au début du Moyen-âge.
Février 1409 : le père Jofré prêche dans son église et aperçoit des garçons qui tourmentent un pauvre malade mental dans le fond de l'église. Il coupe son serment pour parler de ce qu'il vient de voir, et demande qu'on crée des "casa de orates" (= maison des fous), pour protéger, héberger, nourrir les fous.
Lentement, de telles maisons s'ouvrent partout en Europe, destinées à contrer les persécutions subies par les malades mentaux (mépris, vol, agressions...).
Avec le temps, les différentes congrégations religieuses prennent en charge les asiles, puis ce sont les gouvernements.
Les individus asociaux, au comportement déviant, atypique (prostituées, ivrognes, vagabonds...) sont aussi internés de force.

Au XXème siècle, il existe différentes théories concernant l'asile du Moyen-âge (progrès ou régression ?) :
> BARUK, ZILBORG : l'hôpital psychiatrique du Moyen-âge est un vaste mouvement humanitaire. Il faut protéger les malades mentaux, victimes de la haine, de superstitions, de mépris.
> FOUCAULT (Histoire de la folie) : l'asile est une institution de normalisation sociale destinée à punir : la société cherche à exclure les individus indésirables. Répression sociale de la marginalité, de ceux qui sont jugés asociaux.
> SZASZ (Fabriquer la folie) : la folie est une étiquette donnée par la société à des comportements atypiques, indésirables.
> RAUSKY : Il faut modérer les visions de Baruk, Zilborg, Foucault et Szasz. L'asile est un progrès social pour les fous : protection sociale. Mais ce n'est pas un progrès sur le plan thérapeutique, car les médecins n'établissent pas de lien avec les malades. On n'y soigne que les maladies physiques, somatiques.