Définition, historique du terme

A l'origine, Cullen utilise ce terme pour désigner l'ensemble des maladies du système nerveux, y compris l'épilepsie, la maladie de Parkinson... Il utilise le terme de NEUROSIS, qui sera transformé en NEUROSE (Pinel) puis NEVROSE. Avec le temps, on se rend compte que le terme regroupe des maladies trop disparates, on le réserve donc à des troubles dont le plus célèbres est l'hystérie.

Névrose (Jacques Postel) = maladie mentale dont le sujet reste douloureusement conscient et qui, malgré les troubles qu'elle peut occasionner, n'affecte pas profondément les fonctions essentielles de la personnalité.

Postel oppose radicalement psychose et névrose : le psychotique ne se croit pas psychotique, alors que le névrosé est conscient de sa maladie. Cette conscience n'est pas sereine, elle est source de détresse et de souffrance pour le sujet.
Il y a certes des troubles de la personnalité dans la névrose mais les fonctions essentielles de la personnalité (langage, mémoire, imagination, raisonnement, vie sociale...) ne sont pas affectées.
On estime que 12% de la population sont atteints de troubles névrotiques.


Groupes de névroses

Troubles anxieux, paniques et phobiques
Les sujets réagissent de façon inadaptée : anxiété, panique (fuite), phobie.
> Agoraphobie : peur des lieux où se trouve une foule (le sujet reste à l'écart). Maladie très handicapante sur le plan social.
> Claustrophobie : peur d'être enfermé dans un lieu duquel on ne pourra pas ressortir librement (ascenseur, téléphérique...). Le sujet refuse de perdre son autonomie.
> Phobie sociale : peur d'un groupe (femmes, groupe ethnique...).

Le sujet essaye souvent de faire des thérapies mais a du mal à s'en sortir.

Troubles obsessionnels compulsifs (TOC)
Conduites que le sujet accomplit comme s'il ne pouvait pas éviter de le faire (ex: remettre les objets bien en place : obsession de la régularité). La chose doit être réglée immédiatement, le sujet ne peut pas s'en empêcher.

Hystérie
Névrose caractérisée par une hyperexpressivité des idées, des images et des émotions inconscientes. Etudiée par Freud, se caractérise par des conversions somatiques : des expériences vécues sont devenues intolérables donc descendent dans l'inconscient et se manifestent sur le corps (ex: cécité hystérique : refuser de voir).

Hypocondrie
Le patient vit dans l'obsession de sa santé, de la maladie possible. Souci maladif permanent et conscient de la maladie.

Troubles dépressifs et réactionnels au stress
Le patient qui vit dans le stress (réponse de l'organisme à une excitation intense et difficile à emmagasiner) peut avoir une réaction de dépression ou divers troubles réactionnels.

Névrose familiale (selon Laforgue)
Certaines familles semblent être organisées dans un système névrotique global. Pour Laforgue, il y a une structure il y a une structure de type sado-masochiste dans laquelle les enfants grandissent. Tous les membres de la famille doivent suivre une thérapie ensemble.

Névrose d'échec (selon Laforgue)
Fondée sur la conviction du sujet que tout ce qu'il va entreprendre dans la vie est vouée à l'échec. Il n'y a pas toujours de symptôme réel. Exemple : oubli de toutes les révisions durant un examen.

Névrose de destinée (selon Laforgue)
Idée que nous sommes tous porteurs d'un destin qui nous pousse dans une certaine direction et que l'on ne peut rien y changer.

Névrose de personnalité (selon Freud)
Echec après une réussite (vouloir l'échec dans une voie où l'on a réussi de façon forcée).


Alcoolisme, suicide

Deux formes de psychopathologies ont été considérées comme déviations morales et sont maintenant considérées différemment : l'alcoolisme et le suicide.

L'alcoolisme

L'alcool accompagne l'homme depuis la préhistoire. C'est tantôt la "bonne drogue" (boisson du bonheur, de la joie, boisson rituelle, sacrée,de guérison), tantôt perçue comme "mauvaise drogue" (qui conduit à la maladie, à la souffrance).
Au XVIIIème siècle, la consommation excessive d'alcool est perçue comme vice moral, appelée ivrognerie et perçue comme trouble de l'ordre public.
Au milieu du XIXème siècle commence la médicalisation et la psychiatrisation de l'alcoolisme. Le terme d'ivrognerie est remplacé par alcoolisme (Magnus Huss, 1849), et l'alcoolisme n'est plus considéré comme un vice mais comme une maladie mentale.

Caractéristiques psychologiques du sujet alcoolique :
Recours à l'alcool pour apaiser les tensions : oubli provisoire (on n'efface pas la source de la tension). Une fois l'effet passé, le besoin réapparaît. C'est l'entrée dans la dépendance.
Certains psychanalystes parlent de traumatismes graves dans la prime enfance de l'alcoolique : prédisposition à l'alcoolisme.
Le traitement de l'alcoolisme en psychothérapie est difficile. Le sujet ne consulte généralement que pour parler des troubles occasionnés par l'alcoolisme (gastro-entérologue, neurologue...). Il ne va voir un psychothérapeute que poussé par des proches et ne croit pas en la réussite de la thérapie.
Traitements :
> Cure de désintoxication, de sevrage (cette étape ne réussit pas toujours car le patient passe d'une situation où il est très surveillé à une situation de liberté)
> Prise en charge psychothérapeutique (ne réussit qu'avec la conviction du patient)
> Néphalisme : tendance des anciens alcooliques à se regrouper pour discuter de leur itinéraire, de leurs souffrances. Les membres s'encouragent mutuellement à persévérer dans l'abstinence. Bonne réussite. Ex: "Alcooliques Anonymes".

Le suicide

Perçu dans l'antiquité tantôt comme un acte d'héroïsme, tantôt comme un acte de lâcheté.
Les grandes religions introduisent l'idée que le suicide est une faute. Les suicidés n'avaient pas le droit aux funérailles ni à une cérémonie. Dans les traités de droit du Moyen-Age et de la Renaissance, le suicide est un crime, d'où la punition d'interdiction de cérémonie.
L'idée selon laquelle le suicide serait le résultat d'un trouble apparaît lentement. Psychiatrisation et médicalisation du suicide au XVIIIème siècle.

Les psychologues essayent de repérer les causes du suicide :
> Eviter une situation pénible
> Acte d'auto-agression (dépression mélancolique) : le sujet veut se punir.
> Appel au secours : geste désespéré pour montrer la situation dans laquelle le sujet vit à son entourage.

Les modes de suicide sont différents selon la véritable envie de mourir ou la volonté d'appeler au secours (sauter du dixième étage ou se couper les veines).